Rapport Diversité 2024 

Publié le

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2025

Le premier Rapport Diversité s'inscrit dans la tradition du « Monitoring socio-économique : marché du travail et origine », publié tous les deux ans depuis 2013. Alors que le Monitoring se limitait à cartographier la diversité en termes d'origine sur le marché du travail belge, ce rapport tente de capter tous les aspects mesurables de la diversité, et donc les différents critères de la loi anti-discrimination. Différentes variables pouvant avoir un impact sur la carrière ont été examinées, et de nouvelles méthodologies ont été développées afin de cartographier l'impact des maladies de longue durée, du handicap et de l'orientation sexuelle de façon détaillée. Tout comme pour le Monitoring socio-économique, le rapport Diversité se base sur les données du Datawarehouse Marché du travail et Protection sociale. Les données de cette édition s’étendent jusqu’en 2021. 

Emploi en Belgique: amélioration généralisée et défis structurels  

Globalement, les dernières années ont été particulièrement favorables au marché du travail belge, et même le choc sans précédent de la pandémie de COVID-19 n’a pas enrayé cette tendance. Le taux d’emploi des 20-64 ans est passé de 65,7% en 2011 à 70,2% en 2021. Cette augmentation concerne presque tous les sous-groupes, et les écarts entre les classes d’âge, entre les hommes et les femmes et entre les personnes d’origine belge et celles d’origine étrangère se sont réduits. Néanmoins, le rapport met à nouveau en lumière les problèmes structurels connus et, sur base des nouvelles données intégrées, souligne également d’autres défis.  

Graphique 1 : Taux d’emploi selon le sexe, le niveau de diplôme et l’origine (2011 et 2021) 

graphique - Taux d’emploi selon le sexe, le niveau de diplôme et l’origine

 Source : Datawarehouse Marché du travail et Protection sociale, BCSS. Calculs et traitement : SPF Emploi.  

Le taux d’emploi des personnes d’origine non UE reste bien inférieur à celui des personnes d’origine belge, et si elles travaillent, c’est souvent pour des salaires inférieurs. L’écart de taux d’emploi et d’activité entre les personnes ayant au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur et celles ayant un diplôme de l’enseignement supérieur est également particulièrement important dans notre pays. En outre, il convient de noter que les personnes ayant au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur, les personnes âgées de 55 ans et plus, les femmes (en particulier les mères) et les immigrés récents ont du mal à participer durablement au marché du travail. Les groupes combinant plusieurs de ces caractéristiques se heurtent encore à d’énormes obstacles. Par ailleurs, l’analyse sectorielle montre, d’une part, qu’il existe de grandes différences entre les secteurs, et d’autre part, que le secteur public n’a pas encore pleinement réussi à jouer son rôle d’exemple en matière de diversité. 

Personnes avec un handicap : taux d'activité structurellement faible et stagnant  

Les personnes âgées, en particulier les femmes et les personnes d’origine étrangère, sont fortement surreprésentées parmi les personnes ayant un handicap reconnu. Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est faible (même lorsqu’elles ne perçoivent pas d’allocation en raison de leur handicap et lorsqu’elles sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur) et leurs taux de chômage et d’inactivité sont élevés. Ce dernier continue même d’augmenter avec l’âge. Lorsqu’elles travaillent, les personnes en situation de handicap travaillent moins souvent à temps plein. En outre, nous n’avons pas réussi à améliorer structurellement leur participation au marché du travail au cours de la dernière décennie, et ce dans presque tous les secteurs, y compris le secteur public. 

Graphique 2 : Taux d’emploi, de chômage et d’inactivité selon le handicap (2011, 2017 et 2021)

Taux d’emploi, de chômage et d’inactivité selon le handicap  Source : Datawarehouse Marché du travail et Protection sociale, BCSS. Calculs et traitement : SPF Emploi.  

 

Maladie de longue durée et incapacité de travail : un problème croissant et préoccupant 

Le Rapport Diversité analyse également l’incapacité de travail et la maladie de longue durée. L’analyse montre que la situation est alarmante : le nombre et la proportion de malades de longue durée augmentent dans tous les groupes que l’on peut distinguer, et la durée des absences s’allonge. Les femmes et les personnes originaires d’un pays candidat à l’UE et du Maghreb comptent un nombre élevé et en forte croissance de malades de longue durée, mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les personnes diplômées au maximum du secondaire inférieur et les 55 ans et plus ne retrouvent que très rarement le chemin vers le marché du travail. En outre, le fait que les personnes de nationalité étrangère (première génération) présentent une proportion plus faible de malades de longue durée pourrait indiquer un accès insuffisant à ces systèmes d’allocations plutôt qu’une meilleure rétention.  

Graphique 3 : Proportion de la population de 18 à 64 ans en incapacité de travail (2011 et 2020)

Proportion de la population de 18 à 64 ans en incapacité de travailSource : Datawarehouse Marché du travail et Protection sociale, BCSS. Calculs et traitement : SPF Emploi.  

Collaboration et pertinence politique du rapport sur la diversité 

Ce premier rapport sur la diversité a nécessité une collaboration étroite de la Cellule Diversité, mais également de la direction des études et des statistiques, avec les collègues du service de communication, ainsi que de certaines organisations extérieures à notre SPF (le SPF Sécurité sociale, l'IEFH, Unia, Myria…). Il est important de noter que des fiches par Commission paritaire ont également été établies conformément à la loi du 3 octobre 2022 portant des dispositions diverses relatives au travail. Le résultat obtenu constitue une source d'informations inestimable pour les responsables politiques et les autres parties prenantes.