Réintégration des travailleurs en incapacité de travail et prévention des absences de longue durée

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    Une absence pour maladie de longue durée représente un coût important pour l’employeur, pour la sécurité sociale et pour la société, mais certainement aussi pour le travailleur en incapacité de travail lui-même: elle conduit à une perte de revenus, perte de contacts sociaux, et souvent aussi à davantage de problèmes de santé. Au plus longtemps une personne est en incapacité de travail, au plus il lui est difficile de retourner au travail. Il est donc primordial de donner aux travailleurs toutes les chances de se remettre au travail à un stade précoce. Le déroulement d’un trajet de réintégration doit permettre aux employeurs et aux travailleurs de prendre conscience qu’il existe réellement des possibilités pour la réintégration, et de les aider à saisir cette opportunité.

    Il existe de nombreuses ressources pour les travailleurs qui souhaitent reprendre le travail, pour leur permettre de trouver un travail avec lequel leurs problèmes de santé ne seront pas un obstacle.  L'insertion socioprofessionnelle peut se faire par le biais de la mutualité, mais pour les travailleurs en incapacité de travail (qui sont liés à un employeur par un contrat de travail suspendu pendant leur incapacité de travail ou par un statut), il est préférable de se concentrer avant tout sur les possibilités de réintégration chez leur propre employeur, car le travailleur en incapacité de travail pourra souvent reprendre son travail convenu à terme, le cas échéant après une reprise progressive du travail. En outre, un avantage supplémentaire est que le travailleur peut être réintégré dans un contexte professionnel qui lui est familier, avec des collègues et un employeur qu'il connaît et avec lequel il a un lien, ce qui augmente les chances de succès d'une réintégration (voir le chapitre VI du livre I er, titre 4 du Code du bien-être au travail).

    La réintégration chez l’employeur  ou la facilitation de la reprise du travail, pour des travailleurs après une période (prolongée) de convalescence à la suite d’une maladie ou un accident, ou pour ceux qui ont un problème de santé particulier, consiste principalement à explorer les possibilités de fournir un travail adapté ou autre, ou des adaptations du poste de travail. Cela peut se faire de plusieurs manières : le travailleur peut prendre contact avec l'employeur de manière informelle, ou le travailleur (ou l’employeur) peut demander une visite de pré-reprise du travail au conseiller en prévention-médecin du travail, ou encore le travailleur (ou l'employeur) peuvent initier un trajet de réintégration: les procédures à cet égard sont définies dans un chapitre sur la réintégration au travail (livre I er, titre 4, chapitre VI du Code du bien-être au travail).

    !!!  La loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail et le code du bien-être au travail s’appliquent aussi aux personnes qui, autrement qu’en vertu d’un contrat de travail, exécutent des prestations de travail sous l’autorité d’une autre personne, et aux personnes qui les occupent. Le trajet de réintégration peut donc également être démarré par des membres du personnel statutaire et leur employeur.

    Le conseiller en prévention-médecin du travail joue un rôle important dans la facilitation du retour au travail des travailleurs en incapacité de travail : il connaît non seulement les conditions de travail et les activités d'une entreprise donnée, mais aussi le travailleur, et peut en outre servir de point de contact privilégié pour l'employeur. Le conseiller en prévention-médecin du travail fait également partie d’une équipe multidisciplinaire au sein du service interne ou externe pour la prévention et la protection au travail: cela permet par ex. de faire également appel aux ergonomes ou aux conseillers en prévention spécialisés dans les aspects psychosociaux, ce qui est particulièrement utile si l’incapacité de travail est due au stress, burn-out ou à des problèmes au dos ou à la nuque en raison du travail.

    Afin d'augmenter les chances de réussite de la reprise du travail, il est important que le conseiller en prévention-médecin du travail ait une bonne idée de l'état de santé et des possibilités du travailleur, et si nécessaire, éventuellement aussi des possibilités de faciliter cette reprise (formations, accompagnement, …). Pour cela, il peut être nécessaire de consulter différents acteurs qui peuvent contribuer à une réintégration réussie.

    !!! La règlementation relative au trajet de réintégration a été modifiée par l'AR du 17 décembre 2025 (MB 30 décembre 2025).

    En 2023, le SPF Emploi a publié une série de Checklists Réintégration au travail à destination des acteurs de terrain impliqués dans la mise en place de trajets formels ou informels de réintégration et a pour but de les inspirer en vue de confirmer ou de développer leurs pratiques en ce qui concerne le retour au travail. L’outil comporte quatre checklists. Les trois premières sont relatives à une étape de la réintégration alors que la quatrième checklist est transversale, c’est-à-dire qu’elle concerne une problématique à laquelle les acteurs doivent être attentifs tout au long du processus de réintégration.